Marché volontaire du carbone : pourquoi les crédits carbone, le risque réputationnel et l’ICVCM CCP comptent
Marché volontaire du carbone : pourquoi les crédits carbone, le risque réputationnel et l’ICVCM CCP comptent
Avec l’augmentation des objectifs net zéro, la pression Scope 3 et l’audit des allégations climatiques, le marché volontaire du carbone (VCM) passe du « volume » à la « qualité ». Les acheteurs regardent au-delà du prix/tonne vers le risque réputationnel, l’intégrité, la vérifiabilité et les preuves.
Cet article explique pourquoi le risque réputationnel est prioritaire, pourquoi la majorité estime encore que « bénéfice > risque », pourquoi l’approche portefeuille est devenue la norme, et ce que signifie le label ICVCM Core Carbon Principles (CCP). Nous montrons aussi pourquoi 15–30 USD/tonne pour les solutions fondées sur la nature est une plage courante, avec un cadre d’achat pratique.
1) Pourquoi le risque réputationnel est en tête
Les crédits carbone peuvent renforcer une stratégie climatique, mais peuvent aussi déclencher des critiques de greenwashing. Principaux facteurs :
- Qualité des crédits : additionalité, permanence, fuites, double comptage
- Contrôle des allégations : exigences plus fortes pour « carbon neutral » et « net-zero »
- Pression chaîne d’approvisionnement : plus de transparence exigée
- Sensibilité des parties prenantes : crédits de faible intégrité = risque marque
Conclusion : l’achat de crédits est désormais gestion du risque et de la réputation.
2) « Le risque existe, mais le bénéfice est supérieur »
De nombreuses entreprises acceptent les risques, car bien gérés, les crédits aident la cohérence des objectifs, la transition et l’équilibrage court terme. Condition clé : qualité + transparence + langage d’allégation correct.
3) La méthode dominante : l’approche portefeuille
Plutôt que de dépendre d’un seul projet, les entreprises utilisent un portefeuille :
- Types de projets variés : nature, technologies (DAC), transition énergétique
- Géographies et profils de risque différents
- Durées et niveaux de prix différents
- Couches de qualité : noyau haute intégrité + compléments limités
Cela répartit les risques de prix et de réputation.
4) Pourquoi l’offre de crédits de haute intégrité est limitée
La demande augmente, mais l’offre reste contrainte :
- Délais longs de développement
- Coûts plus élevés de suivi et vérification
- Exigences méthodologiques plus strictes
- Besoin accru de preuves et de transparence
Résultat : l’accès à des crédits « qualité » devient plus difficile.
5) Ce que change l’ICVCM « Core Carbon Principles (CCP) »
Le marché s’appuie sur des labels pour différencier la qualité. ICVCM CCP vise un socle minimum d’intégrité.
En pratique :
- Déplace le débat de l’incertitude vers des critères définis
- Réduit les questions d’audit dans l’achat
- Peut créer une demande supérieure à l’offre si la disponibilité est limitée
6) Prix attendus : 15–30 USD/tonne et solutions fondées sur la nature
Pour les solutions fondées sur la nature, 15–30 USD/tonne est une plage souvent demandée. Elle équilibre budget, impact et risque.
Note : il n’y a pas de « prix unique ». Les facteurs clés :
- Type de projet et méthodologie
- Niveau de vérification et de suivi
- Géographie et risque politique
- Permanence et fuites
- Niveau de preuves et de reporting
- Alignement avec des labels/cadres (ex. CCP)
7) 2030–2035 : un marché plus grand, mais plus sélectif
Même avec la croissance, les acheteurs deviennent plus sélectifs :
- Les acheteurs existants augmentent les volumes
- Les nouveaux entrants restent prudents
- Le marché passe à une phase axée sur la qualité
8) Check-list pratique « Qualité + Réputation »
Intégrer l’achat de crédits dans un processus formel :
A) Filtre réputationnel
- Le récit du projet est-il public et défendable ?
- Quel langage d’allégation ? « Offset », « contribution », « beyond value chain mitigation », etc.
B) Filtre intégrité
- Comment sont gérés additionalité, permanence, fuites, double comptage ?
- L’approche MRV (Measurement, Reporting, Verification) est-elle robuste ?
C) Dossier de preuves
- Rapports de suivi, vérifications, méthodologie, documents projet
- Traçabilité des numéros de série et preuves de retrait
D) Architecture portefeuille
- Noyau haute intégrité + crédits complémentaires
- Strates par prix, maturité et risque
E) Contrats et gouvernance
- Livraison, retrait, rachat, garanties, clauses d’allégation
- Due diligence fournisseur et validation tierce partie
9) Approche PierCompliance : transformer l’achat en « conformité + réputation »
PierCompliance aide à structurer les décisions d’achat autour de la conformité, l’auditabilité et le risque réputationnel.
Périmètre (résumé) :
- Politique interne et cadre de claims
- Matrice d’évaluation de qualité (integrity scoring)
- Stratégie de portefeuille : dispersion des risques et alignement des objectifs
- Dossier de preuves et documentation (audit-ready)
- Check-lists fournisseurs/contrats et clauses de réduction de risques
Conclusion
Le VCM grandit, mais les acheteurs deviennent plus sélectifs et centrés sur les preuves. Le risque réputationnel est au cœur de la stratégie d’achat. La bonne approche combine portefeuille + haute intégrité + preuves solides + claims précis.
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Mini FAQ
1) Qu’est-ce qu’un crédit carbone « haute intégrité » ?
Un crédit qui gère mieux l’additionalité, la permanence, les fuites et le double comptage, avec un MRV et des preuves solides.
2) Le label CCP suffit-il ?
Non. Il aide, mais la due diligence interne reste essentielle.
3) Pourquoi l’approche portefeuille est-elle importante ?
Elle réduit la dépendance à un seul projet et répartit les risques.
4) 15–30 USD/tonne est-il un « prix standard » ?
Non. C’est une plage souvent demandée, variable selon le projet.
5) Où se situe le plus grand risque réputationnel ?
Quand des preuves faibles se combinent à des claims trop ambitieux.